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Évêques prédécesseurs : 

Mgr Joseph-Roméo Gagnon

Deuxième évêque d'Edmundston

(12 février 1949-18 février 1970)

L'évêque-élu d'Edmundston est né à Saint-Cyrille de Wendover, comté de Drummond, le 24 février 1903, du mariage de Simon Gagnon, cultivateur et de dame Marie-Anne Lebeau.

Il fait ses études classiques au Séminaire de Nicolet, de 1916 à 1924, puis ses études théologiques au Grand Séminaire de Nicolet de 1924 à 1928.

Ordonné prêtre le 8 juillet 1928 au Séminaire de Nicolet par Son Exc. Mgr J.-S.-H. Brunault, alors évêque de Nicolet, Mgr Gagnon est nommé vicaire à la paroisse de Saint-Paul de Chester où il demeure jusqu'en 1929. Il devient professeur (mathématiques, en Philosophie 1ère) au Séminaire de Nicolet et en 1932 il part pour Rome où il étudie à l'Angelicum jusqu'en 1936.

Docteur en Droit Canonique et licencié en Philosophie, il revient au Canada pour occuper successivement ou en même temps les postes de professeur de Philosophie, directeur spirituel et directeur des élèves au Séminaire de Nicolet. De 1939 à 1944, il enseigne à la Faculté de droit canonique de l'Université Laval qui vient d'être fondée et il fait partie du premier groupe de professeurs de cette faculté.

En 1946, il est nommé Vicaire Général du diocèse de Nicolet, avec le titre de Doyen au Chapitre de la Cathédrale de 1946 à 1949. En 1948, Sa Sainteté Pie XII l'élève au rang de Prélat domestique. Le 12 février 1949 il devient évêque-élu du diocèse d'Edmundston.

Outre sa belle-mère, Mme Simon Gagnon, il a six frères, M. l'abbé Napoléon Gagnon, curé de Notre-Dame-de-Pierreville, Yamaska; MM. Gédéon et Édouard, cultivateurs; Hermann, marchand et Jules, agronome, tous de Saint-Cyrille-de-Wendover et M. Élie Rancourt, agronome, de Macamic; deux soeurs : Soeur Madeleine de la Miséricorde, des Soeurs de l'Assomption de la Sainte-Vierge, de Milbury, Mass. et Mlle Lucille Gagnon, de Saint-Cyrille-de-Wendover.

(Extrait du journal Le Madawaska, 17 février 1948)

Sacre de Mgr Joseph-Roméo Gagnon

Au cours de cérémonies inoubliables, déroulées ce matin (31 mars 1948) dans la cathédrale, Son Excellence Mgr Roméo-J. Gagnon, 2e évêque d'Edmundston, est élevé à la plénitude du sacerdoce, en présence de dix-huit archevêques et évêques : Son Exc. Révérendissime Mgr Ildebrando Antoniutti, Délégué Apostolique au Canada, Ottawa; Son Exc. Mgr Norbert Robichaud, archevêque de Moncton, N.-B.; Son Exc. Mgr John-Thomas McNally, archevêque d'Halifax, N.-É.; Son Exc. Mgr Patrick Bray, évêque de Saint-Jean, N.-B.; Son Exc. Mgr Napoléon Labrie, évêque du golfe Saint-Laurent, QC; Son Exc. Albéni Lafortune, évêque de Nicolet, QC; Son Exc. Mgr Albini LeBlanc, évêque de Gaspé, QC; Son Exc. Mgr Camille LeBlanc, évêque de Bathurst, N.-B.; Son Exc. Mgr Georges-Léon Pelletier, évêque de Trois-Rivières, QC; Son Exc. Mgr John-R. MacDonald, évêque coadjuteur d'Antigonish, N.-É.; Son Exc. Mgr Charles-Eugène Parent, évêque auxiliaire de Rimouski, QC (représentant Son Exc. Mgr Georges Courchesne, archevêque de Rimouski); Son Exc. Mgr Édouard Jetté, évêque auxiliaire de Joliette, QC; Son Exc. Mgr Daniel Beeney, évêque coadjuteur de Portland, Me; Son Exc. Mgr A.-B. Leverman, évêque d'Halifax, N.-É.; Son Exc. Mgr Charles-Omer Garant, évêque auxiliaire de Québec (représentant Son Exc. Mgr Maurice Roy, archevêque de Québec); Son Exc. Mgr Percival Caza, évêque auxiliaire de Valleyfield, QC (représentant Son Exc. Mgr Alfred Langlois, évêque de Valleyfield) et de près de cinq cents autres dignitaires, représentants de communautés et d'institutions, prêtres, religieux et religieuses de toutes congrégations, et d'une foule de fidèles du diocèse et de l'extérieur qui remplissent le vaste et magnifique temple.

L'Église se montre d'une extrême prudence au cours de ces cérémonies au cours desquelles le nouvel élu reçoit la plénitude du sacerdoce. Elle le soumet d'abord à un long et minutieux examen touchant l'orthodoxie et la fermeté de sa foi et de ses moeurs, puis elle lui fait prêter serment de respect et fidélité au successeur de Pierre, le chef de l'Église catholique et romaine, puis, alors que l'élu est prosterné sur le parvis du sanctuaire comme au jour de son ordination, elle invoque Dieu de faire descendre sur lui ses bénédictions abondantes. Après cela, et alors seulement, l'évêque consécrateur lui oint la tête et les mains et lui remet ensuite tous les insignes de sa charge. C'est en dernier lieu l'éclatement de la joie, car l'Église compte un nouveau Pontife. Dans une immense manifestation d'allégresse, toute l'assistance, composée des évêques, dignitaires de tous rangs, prêtres, religieux et fidèles, entonne le chant de la reconnaissance, le Te Deum, pour remercier Dieu de cette appréciable faveur.

Son Exc. Mgr Ildebrando Antoniutti, Délégué Apostolique au Canada élève lui-même au sacerdoce plénier le nouvel élu de Rome, assisté de LL. EXC. Nosseigneurs Albini Lafortune, évêque du diocèse dont Mgr Gagnon est depuis deux ans le vicaire-général et Camille-A. LeBlanc, évêque de Bathurst.

Le sermon de circonstance est donné par Son Excellence Mgr Norbert Robichaud, archevêque de Moncton. Son Excellence choisit comme thème de son allocution cette parole de l'apôtre Jean : « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis ».

L'Orateur sacré rappelle le deuil qui frappa, en octobre dernier, le jeune diocèse d'Edmundston et fait ressortir brièvement l'extraordinaire activité du premier évêque d'Edmundston. Il brosse un frappant parallèle entre la vie de sacrifice et de dévouement de l'évêque dans l'Église catholique et le martyre, apportant comme preuve la longue tradition des évêques qui, à travers les siècles de l'ère chrétienne ont donné leur vie, de toutes façons, pour leurs ouailles et leur foi. Son Excellence termine en invitant les fidèles du diocèse d'Edmundston à suivre fidèlement les enseignements de leur nouvel évêque. »

(Extrait du journal Le Madawaska, 31 mars 1949)

Réalisations

Mgr Gagnon sait encourager l'élan donné par son prédécesseur. Les oeuvres continuent leur marche ascendante. Mgr Ernest Lang brosse un bref tableau des oeuvres diocésaines de 1949 à 1969.

Le Collège en construction va se terminer bientôt et sera un édifice imposant de grand style. La Maison de Retraites fermées va sortir des sombres baraques pour monter sur la colline et se développer en un plan grandiose. Les Servantes du Saint-Sacrement vont essaimer en un autre site en ville et construire un sanctuaire de grande valeur et beauté. Un orphelinat de grandes dimensions va surgir sous l'habile impulsion de Mgr Conway, bailleur de fonds. C'est également la période d'explosion scolaire, véritable âge d'or au point de vue éducatif, où l'on va voir dans chaque village se construire de spacieuses écoles, de mini-universités.

À cela il ne faut pas oublier d'ajouter ces détails. En 1949, à Saint-Basile, un collège classique pour filles ainsi qu'une École Normale pour religieuses prennent naissance au vieux couvent. En 1954, la première « Maternelle » de la région y trouve aussi sa place. En 1962, un spacieux édifice, connu sous le nom de Collège Maillet, abrite collégiennes et normaliennes.

En 1950, trois nouvelles paroisses sont érigées : Notre-Dame-du-Sacré-Coeur à Edmundston; Saint-Georges à Grand-Sault et Notre-Dame-du-Rosaire à Connors. En 1951, les Soeurs Grises de la Charité de Montréal ouvrent un Foyer pour vieillards à Saint-Léonard. En 1953, les Frères du Sacré-Coeur ouvrent une École Commerciale à Edmundston. En 1955 et 1959, les Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception fondent à Perth et Edmundston. En 1962, l'Hôpital Régional de Grand-Sault est construit et confié à la direction des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph.

Un événement marquant durant l'épiscopat de Mgr Gagnon est le Concile Vatican II, de 1962 à 1965, qui occasionne de profonds changements dans l'Église entière. Les églises locales ont à absorber ces transformations. Sous la conduite de son pasteur, le jeune diocèse, en pleine croissance, ne boude pas ce nouveau courant qui l'entraîne dans un sentier inaccoutumé. Le progrès est désormais moins marqué par les institutions que par un renouvellement de l'intérieur.

(Dubé, Cécile, op. cit., p. 18-19)


Mgr Gagnon, Dr Claude Gaudreau
et P. Simon Larouche, lors
d'un banquet du Club 200


Au Concile Vatican II,
le Pape Paul VI
et Mgr Gagnon


Le Pape Paul VI
et Mgr Gagnon


C'est à ce temps que Mgr Gagnon dirige les destinées du diocèse d'Edmundston jusqu'au 18 février 1970, jour où il succombe subitement à une crise cardiaque. Après 21 ans d'un règne marqué tant par l'enthousiasme que par la sagesse, il laisse le diocèse dans une sécurité économique convenable.

Les obsèques de Son Excellence Mgr Joseph-Roméo Gagnon se déroulent en la cathédrale Immaculée-Conception d'Edmundston.

La concélébration de la grand'messe de requiem est présidée par le Pro-Nonce Apostolique à Ottawa, Mgr Emanuele Clarizio. Les co-célébrants sont : Mgr Norbert Robichaud, archevêque de Moncton; le Père Rino Albert, Vicaire Capitulaire du diocèse; Mgr James Hayes, archevêque d'Halifax; Mgr Camille-André LeBlanc de Bathurst; Mgr Joseph MacNeil, évêque de Saint-Jean; Mgr Edgar Godin, évêque de Bathurst; Mgr Georges Dubuc, représentant l'évêque de Nicolet; et Mgr Numa Pichette, P.A. d'Edmundston-Est.

Prennent également place dans le sanctuaire : Son Exc. Mgr Patrick Skinner, archevêque de St. John's; l'archevêque anglican A.H. O'Neil de Fredericton; Mgr Lionel Audet, évêque auxiliaire de Québec; Mgr Gérard Couturier, évêque de Hauterive; Mgr William Power, évêque d'Antigonish; Mgr René Audet, évêque de Joliette; Mgr Austin Burke, évêque de Yarmouth; Mgr Gilles Ouellette, évêque de Gaspé; Mgr Bruno Desrochers, ancien évêque de Sainte-Anne-de-la-Pocatière.

Mgr Robichaud, dans son homélie, dit : « Successeurs des apôtres qui tous connurent le martyre pour suivre le Christ, Mgr Roy et Mgr Gagnon ont goûté la coupe de la Passion du Christ. Ils n'ont pas eu comme des martyrs la tête tranchée, mais le martyre en esprit, qui consiste à donner sa santé, ses énergies, sa vie, d'avoir le coeur brisé et le sang répandu, cela ils l'ont connu...

Les souffrances et la mort des deux évêques fondateurs de votre Église est le Vendredi saint qui se renouvelle. Mais il n'y a pas de croix sans Résurrection. Le jour le plus près du vendredi saint et du samedi saint est le dimanche de Pâques!

Aussi recueillons-nous dans l'action de grâce et la communion : exaltons la sagesse du Dieu tout-puissant; supplions le Seigneur Jésus de leur donner un successeur qui viendra récolter ce qu'ils ont semé dans une moisson à cent pour un! »


Référence : Livre-souvenir à l'occasion du 50e anniversaire de la fondation du diocèse d'Edmundston publié par la Revue de la Société Historique du Madawaska (vol. XXIII, numéros 1, 2, 3 et 4), 1995.

Photos : contribution

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